Microdélétion 16p11.2

Description clinique

La microdélétion classique de la région 16p11.2 a été mise en évidence pour la première fois en 2008 comme une microdélétion récurrente chez les personnes atteintes de troubles du spectre autistique.

Les malformations associées

  • Retard de développement
  • La majorité des individus porteurs d'une délétion de cette région présente, à un degré variable, un retard de développement. Le diagnostic de cette condition est souvent fait à la suite d’enquêtes réalisées dans le cadre d'un retard de développement, d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre de l'autisme. En outre, la langue et les fonctions cognitives semblent être les plus touchées chez ces individus alors que les fonctions motrices sont moins touchées.

  • Troubles cognitifs
  • Les porteurs de cette microdélétion ont un QI qui est en moyenne 30 points inférieurs à ceux de leurs parents qui ne portent pas la suppression. Ces résultats cognitifs sont en faveur d'une déficience intellectuelle inconstante, qui varie de modérée à normale, bien que la majorité des cas présente des difficultés d'apprentissage.

  • Retard de l’apprentissage de la parole
  • L'acquisition du langage est retardée chez les enfants qui portent une délétion 16p11.2. En général, le langage expressif est plus problématique que le langage réceptif. 80% des enfants qui portent une microdélétion de 16p11.2 nécessiteront une thérapie de la parole.

  • Troubles neurologiques
  • Des convulsions se produisent dans 18% des cas. Dans certains cas, des enfants ont été décris comme ayant des troubles du mouvement en particulier de la dystonie, qui se caractérise par des contractions musculaires involontaires.

  • Troubles psychiatriques
  • Autisme: 15% des enfants qui portent la microdélétion proximale dans la région de 16p11.2 répondent aux critères de diagnostic de trouble du spectre de l'autisme.

    Dans 80% des cas, les enfants présentent un trouble psychiatrique associé (ADDH, troubles du comportement, anxiété, etc.).

  • Prédisposition à la surcharge pondérale et l'obésité
  • Le risque associé de l'obésité est de 50% à l'âge de 7 ans. 70% des adultes porteurs présentent un indice de masse corporelle supérieur au 85eme percentile. 45% d'entre eux présentent un état d'obésité morbide sévère.

  • Malformations
  • Certaines anomalies ont été rapportées plus fréquemment chez les porteurs de la délétion 16p11.2. En particulier, des anomalies vertébrales et craniales ont été observées telles que des hémivertèbres, des fusions vertébrales et des platybasies.

    Des malformations de chiaris ont également été identifiées à l'IRM chez certains porteurs. Rarement, une syringomyélie peut être présente.

    Des malformations cardiaques ont été rapportées dans 5% des cas.

  • Taille
  • Les porteurs adultes sont plus petits que la moyenne (-1 écart-type).

    Recommandations médicales

    Pour tenir compte de la gamme des symptômes possibles chez les sujets porteurs, les éléments suivants sont recommandés (et a d'adapter au cas par cas):

    • Examen clinique de routine, y compris une surveillance du poids et un examen de tous les organes;
    • Suivi du développement de l'enfant (tests cognitifs et comportementaux);
    • Envisager une consultation de neurologie et un test EEG si la probabilité de saisies est élevée;
    • Chez les patients présentant une courbure vertébrale, des radiographies de la colonne vertébrale sont recommandées;
    • Une consultation en cardiologie est dans certains cas nécessaire (échocardiogramme);
    • Une évaluation de la pression artérielle et de la glycémie chez les patients en surpoids ou obèses.

    Traitement des manifestations

    • Contactez les médecins spécialistes aux signes spécifiques (neurologue, généticien, pédiatre spécialiste en développement / troubles du comportement). Il est également fortement recommandé de contacter un neuropsychologue pour fournir un profil cognitif global dans le but d'un diagnostic précis et d’un traitement approprié.
    • Le suivi du développement de l'enfant est recommandé en raison du taux élevé d'apparition de troubles du langage, d’une déficience intellectuelle et de l'apparition de troubles du spectre autistique.
    • L, American Academy of Pediatrics a établi des lignes directrices pour la surveillance et le dépistage pour identifier les patients atteints de troubles du spectre autistique [Johnson et al 2007] et des recommandations pour la gestion des enfants atteints de troubles du spectre de l'autisme [Myers et al 2007]. Voir Miller et al, 2011
    • Une consultation en neurologie pour prévenir l'apparition de troubles épileptiques est recommandée, ainsi qu’une consultation en nutrition/diététique pour des conseils nutritionnels et la surveillance du poids (prévention proactive de l'obésité).

    Hérédité

    • Transmission: Les microdélétions sont transmises sur un mode autosomique dominant. Un porteur a une probabilité de 50% de transmettre cette suppression à sa descendance.
    • Dans 30% des cas, la microdélétion 16p11.2 est héritée d'un parent. Le risque pour les frères et sœurs d'hériter également cette suppression est de 50%. Le reste du temps, la microdélétion est arrivé de novo, à la conception de la personne concernée. Le risque pour ses frères et soeurs est donc similaire à la population générale.
    • Le diagnostic prénatal: Le diagnostic prénatal est techniquement possible par un prélèvement de villosités choriales à partir de 11 semaines de grossesse ou par une amniocentèse à partir de 15 semaines de grossesse. Peu de demandes ont été faites pour cette condition en raison de la variabilité clinique et de l'impossibilité de prédire les manifestations.

    Duplication

    Les porteurs de la duplication (trois copies de la région au lieu de deux) ont une présentation clinique miroir. En effet, ils présentent un risque élevé d'insuffisance pondérale, de microcéphalie, et de schizophrénie (Jacquemont 2011; Shinawi, 2010).

    De nombreux réarrangements génétiques ou variations en nombre de copies (CNVs) ont été associés avec des troubles développementaux et psychiatriques. Cependant, la façon dont ces mutations affectent le developpement du cerveau ou encore le comportement et la cognition reste à ce jour peu connue. Ces questions sont au centre de nos recherches.

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